Egg | Le magazine inspirant des femmes enceintes

Au bout du rouleau ! le burn out maternel

20.09.11

{ La parentalité, c’est la mort du dogmatisme }

La rentrée s’annonce et je ne sais pas pour vous, mais moi quinze jours à manger des crêpes au Nutella à Locronan sous une pluie battante, ça me laisse un petit goût de pas fini. C’est pas de chance, parce que là vraiment on les avait méritées ces vacances après une année passée à faire un bébé, puis à le mettre au monde…

C’est un peu le « marronnier » de l’année vous me direz : les jeunes mamans sont fatiguées. Les moins jeunes aussi, je sais de quoi je parle. Le burn-out maternel, drôle de nom qui évoque la combustion spontanée de mères de familles au bout du rouleau. Pourtant, tout avait bien commencé. Un accouchement idyllique (vraiment, sans aucune exagération) qui m’avait réconciliée avec une première naissance qui avait été son exact opposé. Une petite fille adorable, après un petit garçon adorable, c’est chouette on est heureux, confit d’amour. En plus elle dort tout le temps, mais c’est merveilleux et même, elle fait ses nuits ! C’est là vous me direz, que j’aurais dû me douter de quelque chose. Ils sont futés les bébés, ils savent y faire pour que vous soyez conquis…avant de vous asséner le coup de grâce.
Réveillée trois fois par nuit par ses petits bruits de succion qui précèdent les cris de famine, je tremble devant mon petit vampire qui s’accroche à mon sein comme le naufragé au radeau. Je rampe pour sortir de la chambre quand elle s’endort en évitant les lattes de parquet qui grincent. Je me plie à toutes ses fantaisies : le sein gauche est moins bon que le droit, mais ça n’est vrai que quand on est assises, quand on fait la tétée couchées, c’est l’inverse, etc… Je me sens Rosemary dans un film de Polanski. J’ai la poitrine de Mae West et ma fille ressemble à Baby Hermann, forcément trois pique-niques nocturnes, ça laisse des traces. Le père de mes enfants se plaint beaucoup de ses nuits sans sommeil, pourtant, c’est étrange mais lorsque je me réveille à 1h30, 3h30 et 5h30, il ronflotte paisiblement. J’ai lu Badinter, je proteste. Mais bon, j’ai aussi allaité mon premier jusqu’à un an. On est en plein conflit. Qu’importe, on ajoute des biberons. Chéri se lève la nuit pour en préparer, mais non, il y a toujours deux réveils minimum.

Nous enchaînons les rendez-vous chez le pédiatre, qui m’explique que techniquement, elle ne se réveille que deux fois la nuit, parce que bon, 5h30, c’est l’heure de se lever (!!??),  ajoutez encore des biberons. Sinon tout va bien. On file chez l’ostéo qui après deux séances me dit que pour elle c’est réglé, tout va bien. Ah, bon ?

Je dois me rendre à l’évidence, c’est ce dont ce bébé là a besoin. Ma présence, mon odeur, même si ce n’est que pour 10 minutes et pas une vraie tétée, elle veut sa dose de maman et rien ne semble pouvoir remplacer cela. Alors je me dis, que oui, c’est bien joli de vouloir partager les rôles, mais un papa, c’est différent d’une maman et on n’est pas complètement interchangeables, allaitement ou pas. J’ai beau avoir été élevée par une féministe et estimer en être une moi-même, je ne pense pas que l’on puisse toujours transférer certains aspects de la relation au tout petit sur l’autre parent. Chaque enfant exprime des besoins différents et il est difficile d’adopter une posture a priori. La parentalité, c’est la mort du dogmatisme. Alors, go with the flow, but don’t burn-out.

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